Les jouissances tuent l’insensé qui ne cherche point à atteindre l’autre rive. Par le désir des jouissances, l’insensé se tue lui-même, comme s’il était son propre ennemi.
Les richesses ne ruinent que les insensés, pas ceux qui sont en quête de l'Au-delà. En avide de richesses, l’homme insensé se ruine lui-même ainsi que les autres.

Commentaire approfondi

Ce verset a été enseigné par le Bouddha au monastère de Jetavana, concernant un ministre du Trésor sans enfant nommé Aputtaka. À la mort du ministre, le roi Pasenadi de Kosala a interrogé le Bouddha sur certains comportements déroutants : le ministre a refusé la nourriture délicieuse, les vêtements raffinés, les calèches et les parapluies, se nourrissant uniquement de porridge, portant des vêtements grossiers, utilisant une vieille calèche et se couvrant la tête de feuilles. Il était dur et abusif envers les domestiques qui lui proposaient des articles de qualité supérieure. Le Bouddha révéla alors la vie passée du ministre. Il y a bien longtemps, ce ministre avait offert une excellente nourriture à un Paccekabuddha nommé Tagarasikhi. Son épouse, une femme pieuse, était ravie. Cependant, après avoir fait l'offrande, il l'a regretté, pensant que la nourriture aurait été mieux donnée à ses serviteurs pour les renforcer au travail plutôt qu'à un moine qui dormirait ensuite. De plus, il avait tué le fils unique de son frère pour hériter de la richesse de son frère. En raison du mérite karmique de l’offrande au Paccekabuddha, il est né pendant sept vies dans les royaumes célestes. Lorsqu'il renaît en tant qu'humain, le bon karma résiduel lui permet de devenir l'unique ministre du Trésor pendant sept vies consécutives. Pourtant, à cause de ses pensées de regret et de ses paroles malsaines après avoir donné, il ne pouvait pas profiter de la bonne nourriture ni des objets précieux malgré sa position. De plus, pour avoir tué son neveu pour hériter, il fut condamné à l'enfer pendant des centaines de milliers de vies et resta sans enfant pendant sept vies. Le roi Pasenadi a fait remarquer que les offenses du ministre étaient grandes : avec une richesse aussi immense, pourquoi ne l'a-t-il pas utilisé lui-même ou ne l'a-t-il pas offert au Bouddha ? Le Bouddha a enseigné : « En effet, grand roi. Lorsqu'un insensé devient riche, il ne recherche pas le Nibbana. Au contraire, la richesse ne fait que susciter dans son esprit un désir ardent, lui causant des souffrances de longue durée. Pour la plupart des gens, même ceux qui ont une certaine pratique spirituelle, il est rare de ne pas avoir soif de richesse, car l’envie est inhérente à la nature humaine. Seuls les nobles ou les vrais pratiquants considèrent la richesse comme sans valeur. L'enseignement du Bouddha mérite ici d'être noté : « Les richesses ne ruinent que les insensés, pas ceux qui sont en quête de l'au-delà. » Si nous ne voulons pas être stupides, nous ne devons pas devenir esclaves de la richesse. Comme le dit le proverbe, « l’avidité mène à la profondeur » : plus il y a d’avidité, plus il y a de souffrance. Parfois, les gens vendent leur conscience contre de la richesse, voire en trahissant leurs amis. La nature des choses matérielles est éphémère et sujette à la décomposition. Même si nous essayons de nous y accrocher, ils ne durent pas. Même notre propre corps ne peut pas être conservé éternellement, encore moins les biens extérieurs. Comprenant cela, nous devrions cesser de nous accrocher et refuser de laisser la richesse nous exploiter ou nous faire nuire aux autres. L’histoire du ministre du Trésor fournit une leçon claire sur le karma. Sa richesse et son statut actuels provenaient d'une offrande à un Paccekabuddha. Pourtant, il ne pouvait pas profiter de sa richesse à cause de son esprit de regret au moment de donner. Il est tombé en enfer pendant de nombreuses vies parce qu'il avait calomnié et réprimandé un pratiquant illuminé. Il est resté sans enfant parce qu'il avait tué son propre neveu pour s'emparer de l'héritage. Ainsi, sa richesse fut confisquée dans le trésor royal. La loi du karma est juste : quelle que soit la graine que l’on sème, c’est là le fruit que l’on récolte.

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